Première de Couverture

Point de vue

La France : Terre d’Inventions à l’heure où le Concours Lépine fête son Siècle.

Le budget de la recherche des grandes entreprises françaises explose et les dépôts de brevets restent à la traîne. La plupart d’entre eux sont réservés à une élite de trente multinationales, exemple dans le domaine pharmaceutique (+35% depuis 1992), pour ce qui est du recrutement de leurs salariés, on passe à plus de 52 % de 2000 à 2001. Toutefois, ce n’est pas complètement le brevet qui fait la qualité de l’invention. C’est ainsi que l’année dernière, 32 % des inventeurs du Concours Lépine ont trouvé un débouché commercial notamment à travers des partenariats divers, des cessions de licences, ou ont découvert de grands réseaux de distribution.

Sans contredit, notre pays reste une terre de trouveurs, mais malheureusement les trop belles histoires ont quelques fois leurs revers. Le 17 juillet 1974, le Gouvernement français fit connaître sa décision de ne plus soutenir les recherches de l’Ingénieur Jean Bertin. Coup dur pour ce brillant inventeur. L’Etat français préférera privilégier un autre grand projet, développé par la SNCF, en dégageant des investissements extraordinaires. Les ingénieurs chargé de ce projet ont eu beaucoup de difficultés à stabiliser ce train à grande vitesse. Il était évident de prendre en compte certains paramètres techniques afin de stabiliser le TGV.
Les choix de nos Gouvernements sont le plus souvent imprévisibles même si au départ, ils peuvent lancer des projets importants. Ce fut le cas du choix commun entre la France et l’Angleterre concernant l’avion supersonique « Concorde », mais très rapidement un nuage est apparu dans le ciel de ce bel oiseau…une décision d’en limiter sa fabrication !

Dans d’autres domaines, La France a construit un somptueux navire qui se devait de remplacer le « Normandie », il fut baptisé le « France », pendant des années il a été le prestige de notre pays. Mais encore, il restera orphelin, abandonné pour des raisons économiques. Aujourd’hui, il a retrouvé une autre vie, un autre destin sous un nouveau pavillon.

Un message à nos Dirigeants : osez accorder à nos inventeurs la plus haute marche et vos projets économiques prendront de la hauteur.

« Un homme sans projets est l’ennemi du genre humain. »
Roger Nimier (1925-1962).

Gérard DOREY
Président

Sommaire



Point de vue

Invention et Innovation

Au soleil, sous la pluie …
La cravate sans noeud
Le débrancheur SAS
Système de loupe intégré en lieu de vente
Mor Braz, la bière à l’eau de mer

Salons et expositions

Le musée Auto Moto Vélo de Châtellerault présente « roule le cirque »
Un siècle et demi de pré-cinéma et cinéma
Palmarès Concours Lépine Régional Lyon
Les jeunes créateurs de Monts

Art et création

Parfum et Haute-Couture
« Le détour vers la simplicité : expériences de l’absurde »

Dossiers divers

Technocentre Renault Guyancourt
Les Brèves

BD Le Créateur de l’Univers

Les deux podiums

L’innovation au service des tous petits … O.M. Conception : quand le meuble devient compagnon de jeu

A 34 ans, Olivier Massart, Plombier chauffagiste de formation, a un cursus professionnel bien rempli, d’un emploi de chauffeur routier à la sortie du service National il se retrouve tour à tour, chauffagiste, chaudronnier, chef d’atelier, prototypiste dans le milieu de la PLV (publicité sur lieu de vente) puis responsable de fabrication dans une entreprise d’usinage du bois en commande numérique.

Décembre 1998, alors en poste depuis 2 ans et demi, celui-ci se voit licencié pour raisons économiques. Fort de l’expérience professionnelle acquise au fil du temps, Olivier Massart décide de réaliser un projet qui lui tient à cœur depuis la naissance de sa seconde fille 3 ans auparavant, créer du mobilier ludique pour enfants.
Commence alors un challenge difficile à mettre en œuvre pour ce jeune technicien qui venait d’endosser la casquette de « Créateur, Concepteur »

« Lorsque je ne suis retrouvé sans emploi, j’ai décidé gérer cette situation de façon positive en mettant à profit ce que mon parcourt professionnel m’avait appris pour créer mon entreprise avec pour maître mot, l’innovation.

« En ce qui me concerne, l’innovation proprement dite réside plus sur la façon d’utiliser le concept que j’ai mis en place, plutôt que sur le produit qui en découle, bien que l’aspect final de celui-ci ait une grande part dans la réussite de mon projet.
Mon objectif principal était de mettre sur le marché un nouveau type de mobilier pour enfant à la fois ludique, esthétique, simple à mettre en œuvre, et à un prix raisonnable. J’ai donc étudié un système d’assemblage autobloquant pour mobilier en kit afin de supprimer les éléments de blocage qui viennent coincer les pièces entre elles à la fin du montage et qui équipe actuellement les mobiliers déjà en place sur ce marché.

Le parcourt de la création d’entreprise est généralement un casse tête pour beaucoup, ajoutez à cela les démarches de la protection industrielle et cela devient vite de la folie douce. Il est en effet difficile de convaincre un acheteur, une banque ou un investisseur sans pouvoir montrer un produit ou un concept qui n’est pas protégé donc d’autant plus difficile d’obtenir une aide financière pour pouvoir protéger celui-ci. Néanmoins à force de persuasion auprès d’organismes tel que l’ANVAR, j’ai obtenu le soutien financier nécessaire à la protection du concept que j’avais élaboré. »

« Demande de brevet en poche il fallait à présent industrialiser le concept. Ayant peu de moyen à l’époque, j’ai décidé de m’équiper d’un outil informatique me permettant de créer mon mobilier en 3 dimensions mais aussi de transmettre quasiment en temps réel via Internet, toutes les donnés utiles à l’usinage en commandes numériques des produits. Après 2 mois et demi de formation personnel sur ce nouveau logiciel, je me suis mis à la recherche d’une entreprise capable d’assurer la production de mon mobilier en utilisant ce mode de transfère d’informations.

Grâce à cette méthode de travail nous avons pu réaliser rapidement les prototypes afin d’entamer nos premières actions commerciales lors du salon Univers d’enfants en janvier 2000, les aspects positifs de notre concept n’ont pas tardé à intéresser nos premiers distributeurs lorsque nous leur avons expliqué que nous étions en mesure d’adapter notre concept à tout mobilier et par la même leur créer des designs exclusifs avec les figurines de leurs choix ( enseignes, marques, logos, licences). Nous avons donc réalisé nos premières créations sous licence Disney ( Winnie l’ourson), le succès de cette ligne a rapidement débouché sur d’autres créations, sous licence Mattel cette fois ( Barbie).

Outre les créations spécifiques que nous réalisons et fabriquons pour certains clients, nous créons nos propres designs que nous commercialisons également nous même et par le biais de distributeurs. Notre souplesse et nos moyens de production nous permettent à ce jour de mettre sur le marché un nouveau produit en 7 à 8 semaines.
Notre challenge est en parti relevé puisque nous avons grâce à ce nouveau concept de kit et au design de nos créations, réussi à toucher tous les acteurs du marché, à savoir : les distributeurs, les centrales d’achats et le client final. En effet les distributeur et les centrales d’achats grâce au faible encombrement des produits, à la standardisation des emballages, et aux coûts de transport réduits quel que soit le modèle ( 3500 à 4000 fauteuils par semi-remorque), et l’acheteur final grâce à l’aspect ludique, la facilité de montage et au prix raisonnable des produits. »

« Un an et demi après la création d’O.M.Conception et 11 mois après la sortie d’usine de notre première création, nous avons à ce jour produit et vendu plus de 15 000 fauteuils pour enfants et sommes en passe de conquérir le marché américain.
Ceci étant, il faut dors et déjà penser à innover de plus bel afin de fidéliser nos clients, acquérir de nouveaux marchés en France comme à l’étranger, mais surtout avoir toujours un pas d’avance sur la concurrence.

En d’autre terme l’innovation quelle qu’en soit le domaine, reste un facteur économique non négligeable, mais pour pouvoir perdurer, il est indispensable de faire évoluer celle-ci avant que d’autres ne s’en chargent. »

Olivier Massart

La « Goulue »: F. Le Roy

C’est suite au naufrage de l’Erika et aux difficultés rencontrées pour récupérer le fuel répandu sur la mer, que l’idée d’un pompage indirect a vu le jour.

Les images montrées à la télévision après le naufrage, révélatrices de l’impossibilité de pomper un produit aussi lourd et visqueux à la température de l’eau de mer. Les vues du démontage d’une d’une pompe centrifuge complètement colmatée sur le pont d’un navire d’intervention, sont à l’origine de l’invention.
Commence alors une réflexion sur les moyens que l’on pourrait utiliser pour pallier à la collecte aléatoire du polluant par pompes, vortex, tapis roulants etc.

a) Puisque le produit surnage sur la mer, il devrait faire de même dans les citernes d’un navire contenant de l’eau de mer.
b) Si l’on pouvait créer un courant porteur à l’avant d’un bateau dontl’étrave (1)aurait été modifiée en avaloir, l’eau en s’écoulant entraînerait les hydrocarbures qui se trouveraient piégés dans les citernes.
c) L’écoulement laminaire induit contrairement à ce qui se passe dans une pompe centrifuge, favoriserait la séparation eau-hydrocarbures en l’absence d’émulsion.
d) Même en présence d’un produit tel que celui transporté par l’Erika, le fuel piégé en épaisse couche dans les tanks deviendrait pompable grâce aux moyens de « fluidisation » que l’on connaît.
e) Ce fuel récupéré serait stocké dans une ou plusieurs citernes puis transféré dans un tanker allégeur, permettant ainsi au dépollueur de poursuivre sa mission de récupération.

Le problème étant posé, reste à trouver la solution technique qui permettrait de concrétiser l’idée.
Pour répondre aux critères cités, il faut :

a) Que le seuil de l’avaloir à l’avant du bateau soit toujours au même niveau (même tirant d’eau), que l’on peut garder parballastage (2). L’idéal étant le niveau de pleine charge proche desmarques de franc-bord (3)et ceci pour deux raisons :
le bateau lourdement chargé est moins sensible aux effets de la mer,
la décantation est favorisée puisque les citernes sont pleines.

b) Qu’une pompe à eau à gros débit génère le courant nécessaire pour un bon fonctionnement.

L’eau gratuite est disponible sous la coque du navire. Après ballastage, le bateau étant en opération, il suffit de pomper l’eau décantée à la bade des citernes et de la rejeter à la mer.
Ce débit (Q) d’eau clair sera remplacé dans les citernes par de l’eau et du fuel au même débit (Q).

Naissance de la « Goulue » :

La « Goulue », modèle réduit de navire de récupération a été conçue afin de vérifier certains paramètres cités ci-dessus et aussi pour témoigner de la faisabilité de l’invention :

le courant généré par la pompe à eau est bien réel,
la décantation se fait dans de bonnes conditions, l’eau rejetée à l’extérieur est claire,
le fuel récupéré est bien piégé dans les citernes.

Depuis sa naissance, la « Goulue » n’a cessé de se faire voir dans les foires, concours et salons où son succès allait grandissant.
Pour connaître la consécration au Concours Lépine de Paris 2001, lieu de rencontre des inventions où des milliers de visiteurs en prennent connaissance.

Les médias ont aussi circulé journellement dans las allées. Jusqu’alors discrets en ce qui concerne la « Goulue », ils n’ont pas manqué de la détailler sous toutes ses coutures et le scoop télévisuel de la première journée a fait déplacer de nombreux visiteurs pour la voir de près.
La fierté de présenter la « Goulue », l’invitation des visiteurs à persévérer dans ma démarche et les félicitation de nombreuses personnalités atténuaient la fatigue accumulée durant ces journées. Celles de monsieur l’Ambassadeur de Corée m’ont particulièrement touchées.
« Congratulations » avant de quitter le stand le pouce en l’air… « It’s a good think for your Government ! » Je ne pouvais que lui répondre : « Yes, I think so… »

A la Remise des Prix, j’ai été très honoré en recevant le Trophée de la Représentation Française du Parlement Européen des mains du Professeur Christian Cabrol et surpris de sa connaissance de la langue bretonne après quelques mots de conversation.

François Le Roy

Glossaire :

(1) étrave: forte pièce de charpente qui termine la coque d’un navire à l’avant.

(2) ballastage: action de ballaster, remplir ou vider les réservoirs d’un navire afin de rechercher son meilleur équilibre.

(3) marques de franc-bord: signes tracées de chaque bords sur les murailles d’un navire et indiquant la limite réglementaire d’enfoncement.

Les Brèves

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Art et Création

La fabuleuse invention de l’Ingénieur Jean BertinPrototypes Bruno Rousseaud

Mor Braz, la bière à l’eau de mer

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