» Par la publication de cette notice, Invention Magazine retrace la vie d’un homme d’exception. En 1901, Louis Lépine fera vivre à Paris l’impossible renouveau économique des petits fabricants en créant le premier Concours Lépine. « 

Gérard DOREY

INSTITUT DE FRANCE
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ACADEMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES

Notice 
Sur la vie et les travaux
De
M. Louis Lépine
1846-1933
par
M. Eugène Schneider
Membre de l’Académie

louis lepineim

Pour évoquer à vos yeux une sincère et complète image de mon prédécesseur, je ne saurais mieux faire que de vous le montrer tel que nous le présente cet attachant. volume où il a recueilli ses Souvenirs. Jamais, peut-être, une autobiographie n’a été plus digne de s’approprier « l’Avertissement au lecteur » par où débutent les Essais de Montaigne:  » C’est ici un livre de bonne foi; je ne m ‘y suis proposé nulle considération de ma gloire.  » Ce livre de bonne foi, qui ne respire que la droiture et la franchise, ne nous renseigne pas seulement. sur la personne intime de notre regretté confrère; il nous apporte quelques précieux témoignages sur ce que fut la vie politique en France, de 1877 à 1913.
L’entreprise du 16 mai vient d’échouer quand Lépine entre dans la carrière préfectorale ; nous sommes à la veille de la Grande Guerre quand l’auteur dépose la plume :  » J’arrête là, nous dit-il, ces souvenirs qui me reviennent en ordre dispersé… Malgré leur caractère personnel, mon excuse pour les avoir retracé, c’est qu’après cette guerre, qui a fait un trou dans notre Histoire, qui a creusé un fossé profond entre le temps présent et celui qui l’a précédé, les curieux du passé y noteront des traits de moeurs et la mentalité d’une société disparue. »
Lépine eut la rare fortune d’incarner un principe, aujourd’hui fort attaqué, qui, pourtant, n’a jamais semblé plus nécessaire qu’aux heures troubles où nous vivons : le principe d’ordre, -d’un ordre qui n’est pas, comme certains voudraient le faire croire, synonyme de tyrannie, mais qui, tout au contraire, est la condition même de la liberté, le fondement essentiel de la civilisation.- Il défendit toujours ce principe, ce dogme, et le fit triompher sans violence, comme sans faiblesse.
Sur les trente-six années que Louis Lépine a consacrées au service de la France, il en a passé plus de vingt à la Préfecture de Police. Peu à peu, il s’était si bien adapté à sa fonction, il la représentait et l’incarnait si parfaitement, il y déployait, surtout, des qualités si courageuses et si fortes, que les fluctuations de notre politique intérieure, sans parler des malveillances, des cabales, des hostilités, qui trop souvent se coalisaient contre lui au ministère de la place Beauvau, ne réussissaient pas à le déloger de son poste, qu’il considéra toujours, et par dessus tout, comme un poste de combat.

C’est de ce point de vue particulier, sous cet aspect si individuel de sa physionomie, que je voudrais vous le montrer. C’est donc surtout comme Préfet de Police que je l’envisagerai, n’est-ce pas, d’ailleurs, ainsi qu’il eût souhaité que nous parlions de lui. Je dois cependant pour situer le personnage, jeter un coup d’oeil sur sa vie, sur les débuts et les étapes de sa carrière. Car dans les diverses fonctions qu’il remplit, et dès sa jeunesse, au lycée, nous voyons poindre et s’accentuer les goûts, les instincts, les tendances spontanées qui destinaient Lépine à devenir ce qu’il fut.

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Louis Jean-Baptiste Lépine est né à Lyon le 6 août 1846. Son père, qui s’était fait, dans cette ville, une situation très honorable, comme comptable teneur de livres, dans une maison de soierie, était le fils d’un modeste travailleur mort très jeune, par accident, et avait été élevé par une mère qui, à force d’énergie, était parvenue à sortir d’une situation difficile, à faire instruire son fils, à en faire un homme de devoir, un travailleur acharné. La grand’mère maternelle de notre confrère était la fille de M. de Lavis, qui exerçait les fonctions de gouverneur d’Annecy, quand éclata la Révolution. Jetée, encore enfant, dans la tourmente, son énergie lui permit de surmonter tous les obstacles. Aussitôt mariée, elle passa en Espagne pour tenter la fortune, et, mettant à profit les ressources intellectuelles qu’elle trouva dans ce pays, elle parvint à compléter son éducation si tragiquement interrompue. Après bien des vicissitudes, elle perdit son mari et revint en France avec une fille de quinze ans, celle qui devait être la mère de Louis Lépine ; fille tendrement aimée, qu’elle laissait bien tôt orpheline. Celle-ci, héritant de solides qualités morales, conserva pieusement le culte de sa mère ; secondant vaillamment son mari, elle éleva ses sept enfants, et fut l’âme énergique et douce d’un foyer où l’on observa toujours les vieilles traditions de labeur , d’économie, d’entraide mutuelle, où l’on ne reculait devant aucun sacrifice, pour donner aux jeunes une solide instruction (1).

(1) Nous devons encore à cette famille un grand savant, le professeur Raphaël Lépine, et son fils, notre confrère, le Doyen Jean Lépine.

Louis Lépine commence ses études à Lyon pour les terminer à Paris, au Lycée Louis-le-Grand. Il semble bien qu’il n ‘y fut pas au nombre des élèves les plus disciplinés et qu’il n’y professa pas toujours, pour l’autorité, un respect excessif. Faut-il s’en étonner? -Les Anglais, qui mettent de l’humour jusque dans la politique, disent volontiers qu’il faut avoir le cœur bien sec pour n’être pas un peu anarchiste à quinze ans, mais qu’il faut être bien fou pour le demeurer à trente! Il prit part à quelques manifestations tumultueuses; peut-être même en fut-il l’animateur, faisant ainsi son apprentissage de défenseur de l’ordre. ..de l’autre côté de la barricade, ce qui n’est peut-être pas la plus mauvaise façon de le faire. Le Préfet à poigne se révèle, en puissance, dans ce collégien turbulent.
Ses études achevées, un problème se pose : Quelle carrière choisir ? Un ami de son père, le Docteur D rre, lui conseille de passer un an à l’Université d ‘Heidelberg, dont il lui facilite l’entrée; pour un esprit aussi curieux, aussi observateur, cette année ne pouvait manquer d’être fructueuse: à Heidelberg, Lépine apprend à regarder, à voir; ce sera plus tard, pour lui, d’un grand profit.
Nous sommes en novembre 1869. Voici Louis Lépine de retour à Paris. Il commence ses études de droit, pour répondre au désir de sa famille, mais sans enthousiasme; il consacre ses loisirs à des essais littéraires et à l’économie politique… (entendait-il déjà l’appel de l’Académie ?)
Quelques mois plus tard, la guerre éclate. Lépine revient en hâte à Lyon et s’engage dans les Mobiles du Rhône. Nommé sergent, il est dirigé sur Belfort; il s’y distingue bientôt dans un engagement d’avant-postes, où il fait. preuve de vaillance et aussi d’initiative et de décision. Il y gagne une balle dans le bras et la Médaille militaire , à laquelle il attachait plus de prix encore qu’au Grand cordon de la Légion d ‘honneur qu’il devait recevoir à l’apogée de sa carrière.
La guerre terminée, il achève à Lyon ses études de droit, se fait inscrire au Barreau : il y rencontre Andrieux, alors avocat, dont la crânerie le séduit et auquel il offre ses services comme secrétaire.

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Après le 16 mai, le personnel des préfectures et des sous-préfectures est renouvelé. Lépine est tenté, par l’occasion qui se présente, de faire partie, ne fut-ce que pour un temps, de ce personnel dont l’instabilité, loin de l’effrayer, est plutôt un attrait pour lui. Il est nommé à Lapalisse; le poste est peu important, mais notre jeune sous-préfet va en faire un observatoire d’où il pourra explorer les régions voisines. Il y garde le contact avec Paris et avec ses collègues de la grande promotion dont il fait partie, où il compte de nombreux amis.

A Lapalisse, Lépine fait preuve de tact dans ses rapports avec la population ; il montre du caractère dans l’accueil qu’il réserve aux enquêteurs chargés d’instruire le procès du 16 mai: avec beaucoup d’adresse, mais aussi beaucoup de fermeté, il parvient à désarmer les vengeances sournoises qui cherchent à s’assouvir, les rancunes suspendues sur la tête des vaincus politiques. Au bout de quelques mois, il connaît bien Lapalisse et la région; il se trouve, dès lors, en état d ‘y rendre des services appréciables. C ‘ est peut-être pour cela qu’on l’envoie à Montbrison! Mais le Destin, plus encore que la volonté d’un ministre, avait ordonné cette mutation providentielle: c’est, en effet, à Montbrison que Louis Lépine va rencontrer celle qui sera, pendant vingt ans, l’admirable compagne de sa vie et dont la perte le laissera inconsolable.  » Tant pis pour La Rochefoucauld, à qui je dénie la compétence en cette matière, -aimait-il à répéter, -il y a quelquefois des mariages délicieux. »

La famille qu’il allait fonder devait être le modèle de la famille française, famille unie, .dont tous les membres tenaient de leurs parents, avec une grande élévation d’esprit, l’amour du devoir, le sens des obligations sociales. Elle ne devait pas être épargnée par le deuil: dès le début de la Grande Guerre, Lépine aura la douleur de perdre son fils, externe des hôpitaux, tué en Alsace, et dont la bravoure était légendaire, parmi les chasseurs à pied.
Après avoir passé par Langres et par Fontainebleau, il est nommé préfet à Châteauroux. C’est pour lui l’occasion de développer son expérience administrative: pour la première fois, il a des bureaux à diriger.  » En arrivant à Châteauroux, j’avais presque tout à apprendre « , reconnaîtra-t-il plus tard, avec cette bonne foi qui est l’un des traits dominants de son caractère. Mais, bientôt., l’occasion s’offre à lui d’exercer son activité sur une scène plus vaste: on lui propose le secrétariat général de la Préfecture de Police. Le croira-t-on ? Il hésite. Ces fonctions, dont il n’a qu’une idée fort vague, lui inspirent de la méfiance; il craint de se montrer inférieur à sa tâche. Sans doute, jusqu’ici, les choses lui ont-elles réussi, mais (la formule est encore de lui) si c’est une force de croire à son étoile, il ne faut pas trop s ‘y fier. Peut-être refuserait-il donc la proposition du Ministère, si Mme Lépine ne s’ennuyait à Châteauroux. Pour lui complaire, beaucoup plus que pour satisfaire une ambition personnelle, Lépine accepte le poste qui lui est offert; il n ‘aura pas à regretter cette marque de sollicitude conjugale. C’est à Paris, durant ses quatre années de secrétariat général, que Louis Lépine fera ce qu’il appelle lui-même son véritable apprentissage.

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De tout temps. le Secrétaire général avait eu deux attributions distinctes: l’impulsion à donner aux bureaux de l’administration centrale et la direction de la force publique du département de la Seine. C’était déjà un vaste domaine, mais Lépine souhaite quelque chose de plus: l’entrée au Conseil municipal, que le Préfet se réservait par tradition, c’est-à-dire le droit d’y prendre séance et, sauf pour les débats politiques, d’y occuper la tribune.
Les circonstances vont le favoriser: depuis 1882 , les ponts étaient coupés entre le Préfet et l’Hôtel de Ville. Les ministres qui se succédaient à la place Beauvau voyaient d’un bon œil cette situation paradoxale, qui maintenait le Préfet plus étroitement sous leur dépendance. Gragnon, le Préfet d’alors, se tenait à l’écart.  » Il ne fit pas d’objection ( c’est notre confrère qui parle) à me laisser pénétrer seul dans l’antre de l’autonomie. Après tout, c’était à mes risques et périls, et il s’en lavait les mains.  » On a peine, aujourd’hui, à se faire une idée de l’assemblée tumultueuse que Lépine devait affronter pour ses débuts. Il s’agissait de remonter un fort courant. Très adroitement, le nouveau Secrétaire général commence par rendre de petits services; puis, quand l’occasion lui est offerte de monter à la tribune, il évite les sujets irritants; les attributions si variées du Préfet de Police lui permettaient de faire un choix .
Vous n’ignorez. pas, Messieurs, qu’en principe, Paris a deux Maires: le Préfet de la Seine et le Préfet de Police. Au premier, incombent les services généraux: édilité, enseignement, assistance, eaux, éclairage, etc. ., Au second, tout le reste, c’est-à-dire l’approvisionnement (halles et marchés), l’hygiène, la navigation sur la Seine et les canaux, la circulation, les secours publics (accidents, incendies), les théâtres, tous les petits métiers et professions de la rue, sans compter l’établissement des ordonnances sur ces divers sujets. Durant quatre ans, Lépine eut à discuter, trois fois par semaine, ces questions, à I ‘Hôtel de Ville. Son remarquable don d ‘assimilation lui permit de les connaître bientôt, jusque dans leurs moindres détails.
Mais, si houleuses fussent-elles, les séances de l’Hôtel de Ville n’étaient que des escarmouches, et Lépine ne tarda pas à connaître des combats plus sérieux, Dès son arrivée à Paris, il avait pu observer’ les signes précurseurs de l’agitation boulangiste, et en pressentir le danger. Comment y parer ? Le préfet Gragnon s’entendait mieux à tenir les fils de la police politique qu’à faire régner l’ordre dans la rue, et comme, depuis longtemps, la rue paraissait tranquille, il se préoccupait peu d’en apprendre la stratégie. La police municipale était mal recrutée, mal commandée; tout promettait des jours troublés.
Lépine sollicite de son chef la permission de s’initier à l’organisation et au fonctionnement de la force publique. Gragnon ne fait aucune difficulté pour accéder à ce désir . qu’il considère sans doute comme une fantaisie. Il invite son collaborateur à s’entendre avec le Directeur de la police municipale. pensant que Lépine se lasserait bientôt. En effet, Caubet, ce Directeur, fort de l’omnipotence qu’on lui avait laissé prendre, n’était pas d’humeur à tolérer qu’un intrus empiétât sur son domaine. Ce fut une conquête à faire, lente et pénible. Heureusement pour Lépine, Caubet, ancien politicien, ne connaissait pas son métier: il ne voulait, à aucun prix, quitter son Cabinet, et laissait les officiers .de paix se débattre, comme ils l’entendaient, au cours des manifestations; il savait, d’ailleurs, qu’il n’avait aucune chance d’y rencontrer son préfet .
C’est donc sans l’assentiment de Caubet que Lépine fait naître les occasions de manœuvrer les brigades; les officiers de paix s’accoutument, sans déplaisir, à lui voir prendre toutes les responsabilités qu’ils eussent été seuls à assumer.
Le 6 juillet 1887, Lépine intervient, avec beaucoup d’à-propos, dans la manifestation à laquelle donnait lieu le départ du général Boulanger pour Clermont, où il allait prendre. le commandement du XIIIme Corps. Une foule enthousiaste. pour empêcher ce départ, avait envahi la gare de Lyon; elle entourait son idole, voulait l’entraîner et marcher avec lui sur l’Elysée. Sous prétexte de. protéger le général contre le fanatisme de ses admirateurs, qui manquaient de l’étouffer, Lépine l’entraîne, le hisse sur une locomotive qui part aussitôt pour aller attendre, à quelques kilomètres de Paris, le train où la foule cherchait encore en vain Boulanger. Il parvint ensuite à calmer et à disperser, sans dommage, les manifestants; à minuit, tout était rentré dans l’ordre.
L’Exposition de 1889 va donner à Lépine l’occasion de connaître Alphand :  » J’aimais, disait-il, Alphand pour sa virtuosité, son génie créateur, et surtout sa belle ardeur au travail. Quand l’ouvrage pressait, -il était Directeur des Travaux de Paris- il était le premier sur le chantier. C’est là que Roll I ‘a pris sur le vif, le buste arqué, la tête légèrement inclinée sur l’épaule, l’œil pétillant, un mouchoir noué autour du cou… J’ajoute qu’il excellait à susciter les dévouements autour de lui, à se faire aider dans sa tâche. Il savait commander. »
Les deux hommes furent vite amis. Quelquefois Alphand taquinait Lépine :

Vous ne connaissez pas Paris aussi bien que moi.
Laissez-moi le temps de m’y faire! Bientôt je le connaîtrait mieux que vous.

Il tint parole.  » Ies Parisiens croient connaître leur ville parce qu’ils savent se diriger dans deux ou trois arrondissements, mais ce n’est pas cela: pour connaître vraiment Paris, il faut s’être familiarisé avec toutes ses rues, aux différentes heures de la journée; il faut avoir gardé dans l’œil l’angle sous lequel chaque artère se raccorde aux rues voisines.  » -Cette science délicate, Louis Lépine la posséda mieux que personne.
L’année 1890 fut la dernière de son stage de Secrétaire général. Il avait, durant quatre années bien employées, fourni un gros effort; il savait. ce qu’il lui importait de savoir. Aussi fut-il heureux d’apprendre que tous les parlementaires de la Loire s’étaient mis d’accord pour le faire nommer à Saint-Etienne. Il retrouve là une population qu’il connaît bien et dont il conquiert tout de suite la sympathie, en descendant le premier dans une mine que vient de dévaster un coup de grisou. Mais bientôt on lui offre la Préfecture de Versailles. Il l’accepte… pour peu de temps. car à peine est-il installé dans sa nouvelle résidence qu’une bagarre d’étudiants éclate à Paris, au quartier latin, Lozé, le Préfet de Police, ne sachant comment en venir à bout, on offre à Lépine de prendre sa succession. Ainsi donc , après deux années seulement passées à la Préfecture. de Saint-Etienne, puis à celle de Versailles, le voici de retour à Paris, en 1893, et cette fois, comme Préfet de Police.

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La Préfecture de Police, création originale de Bonaparte, n’a pas de similaire en Europe. Ses attributions sont à la fois d’ordre gouvernemental, municipal et judiciaire. Ces derniers pouvoirs (ceux, à peu de chose près, du Lieutenant de Police sous l’Ancien Régime) sont définis par l’article 10 du Code d’instruction criminelle.
Ce fameux article 10 -qui a pour lointaine origine Ia lettre de cachet dont notre éminent Confrère, M. Funck- Brentano, s’est fait I’historiographe -a donné lieu à des controverses juridiques qui durent encore, à des polémiques de presse, à des débats parlementaires. La Chambre l’a abrogé, le Sénat l’a maintenu.
Le Préfet de Police, n’eut-il que ces pouvoirs judiciaires, se verrait déjà chargé d’une besogne écrasante, mais il a bien d’autres prérogatives encore.
Fontenelle, faisant à l’Académie l’éloge du comte d’Argenson, qui fut aussi Lieutenant général de Police de Ia ville de Paris, écrivait à la fin du XVIIme siècle, ces lignes qui n’ont rien perdu de leur actualité :
 » Les citoyens d’une ville bien policée jouissent de l’ordre qui y est établi, sans songer combien il en coûte de peines à ceux qui l’établissent ou le conservent, à peu près comme tous les hommes jouissent de la régularité des mouvements célestes sans en avoir aucune connaissance; et même, plus l’ordre d’une police ressemble, par son uniformité, à celui des corps célestes, plus il est insensible, et par conséquent il est toujours d’autant plus ignoré qu’il est plus parfait.

A suivre… 

concours 1935