Aérotrain interurbain I.80 à hélices carénées (1969) D.R

« L’Aérotrain », ce nom ne vous est sans doute pas inconnu. Dans les années soixante, il fut à la veille de révolutionner les transports en commun.
Ce devait être le train de l’an 2000, mais il n’a glissé qu’une douzaine d’année sur son rail de béton, parfois à plus de 400 km/h quinze ans avant le T.G.V., le pari était osé.


La Société Bertin et Cie mit au point quatre Aérotrains :

Le 01 premier véhicule sur coussin d’air guidé par un rail de béton.
Le 02 véritable laboratoire de recherche de haute vitesse sur coussin d’air.
Le S44 Aérotrain équipé d’un moteur électrique linéaire. 50 passagers à 200 km/h.
Le I80 type Orléans qui fut le plus connu de la famille des Aérotrains. Il fonctionna pendant 6 ans avec succès. 80 passagers à 430 km/h.
Le chariot Supersonique qui fut mis au point pour étudier les vitesses extrêmes sur coussin d’air. Vitesse atteinte sur une voie d’un kilomètre : 1300 km/h.


Aérotrain expérimental – 01 (1965) D.R

De cette grande aventure technologique, il ne reste que ce grand rail de béton perché à 5 mètres au dessus de la campagne Orléanaise.

Rétromobile 2001 a fait revivre cette fantastique épopée de la recherche de haute vitesse sur rail en présentant les deux premiers prototypes d’Aérotrains qui ont survécu aux pillages et aux incendies ainsi que les ingénieurs et les pilotes qui sont la mémoire vivante de cette histoire de notre temps.

Aérotrain expérimental – 01-
Longueur : 11 m
Poids : 1500 kg
6 places.

Première mondiale. Le « 01 » a atteint la vitesse de 200 km/h en février 1966.
Ce prototype était propulsé par un moteur d’avion de 260 cv et deux moteurs Renault Gordini entraînaient les turbines de sustentation.

En novembre 1967, le « 01 » fut équipé d’un turboréacteur. Ce montage permit à l’engin d’atteindre la vitesse de 345 km/h.

Aérotrain expérimental –02-
Longueur : 8,5 m
Poids : 1200 kg
2 places.

Le « 02 ». Ce véhicule qui glissait sur des coussins d’air à 5 mm d’altitude était un véritable laboratoire.
Il fut mis au point pour expérimenter les hautes vitesses sur coussin d’air.

Le 22 janvier 1969 l’Aérotrain « 02 » s’élança sur son rail de béton de 6,7 km à la vitesse de 100m/s pour atteindre 422 km/h.

Aérotrain type Orléans.
Longueur : 30,5m
Poids : 24 tonnes
80 places.

12 septembre 1969. Dans sa première version l’Aérotrain Orléans était équipé de deux turbines Turmo 3 de 1300 cv transmettant le mouvement à une hélice à pas variable. Sa vitesse de pointe était de 280 km/h. Le coussin d’air alimenté par deux ventilateurs frontaux.

5 mars 1974. L’Aérotrain « Orléans », dans sa deuxième version est propulsé par un réacteur équipé d’un silencieux selon les procédés Bertin. Il établi le record mondial de vitesse sur coussin d’air à 430 km/h.

Le 17 juillet 1974, le gouvernement fit connaître sa décision de ne plus soutenir le projet de l’Aérotrain.
Le coup fut dur pour Jean Bertin et toute son équipe.

Un an plus tard, le représentant de l’Etat français annonçait le lancement d’une voie ferrée « Train à Grande Vitesse » entre Paris et Lyon.
Cette fois-ci cette nouvelle fut fatale et le 21 décembre 1975 Jean Bertin disparaissait à l’âge de 58 ans.

Mars 1992. 18 ans après l’abandon du projet Aérotrain, le prototype Orléans fut détruit dans un incendie.


Aérotrain interurbain I.80 haute vitesse (1973) D.R

Jean Bertin est cité comme inventeur ou co-inventeur dans 163 brevets.

En voici quelques exemples :

Pulso-réacteur sans pièces mobiles : « l’Escopette » , étudié et réalisé principalement en collaboration avec MM. Marchal et Paris – 1950.
Communications à l’Académie des Sciences – Séance du 9 mai 1955.

Tuyère pour réacteur avec section d’éjection variable par procédé entièrement aérodynamique (sans pièce mobile) , montée en série sur l’Atar 101 et dont la licence a été vendue en Grande-Bretagne, en collaboration avec MM. Kadosch et Maunoury- 1951 . Communication à l’Académie des Sciences –Séance du 22 août 1955.

Inverseur de poussée pour avions à réaction (déviateur de jet) – 1948
Licences cédées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, travail exécuté en collaboration avec MM. Marchal, Kadosch et Paris.
Communication à l’Académie des Sciences – Séance du 16 mai 1955.

Silencieux pour avion à réaction – 1956. Cette activité comporte aussi bien des silencieux de vol à hautes performances d’affaiblissement avec une perte de poussée modérée que des silencieux de point fixe très efficaces bien que d’un poids limité. En collaboration avec M. Duthion.

Suppression du brouillard autour des pistes de décolage et d’atterrissage des aérodromes, procédé appelé « Turboclair » (utilise des turbo-réacteurs réformés de vol) – 1958. Les aéroports d’Orly et de Charles de Gaulle (Roissy en France) sont équipés de ce procédé dont l’homologation a été obtenue en mars 1977.
Etude faite avec MM. Dubois et Berthelot avec l’aide de l’Aéroport de Paris.

Déviation aérodynamique du jet des fusées par injection de petites quantités de fluide auxiliaire, ceci sans utiliser de pièce mécanique placée dans des gaz très chauds et très difficiles à faire tenir et à manœuvrer – 1957-. A été adoptée depuis dans tous les pays et notamment aux Etats-Unis sur le programme « Polaris ».
En collaboration avec MM. Dupuichs et Pavlin.

« Terraplane » : pour emplois terrestres, doivent faciliter la mise en valeur des pays neufs, n’exigeant ni ponts ni routes compactées. Le « BC 4 » est le premier aéroglisseur au monde muni de jupes souples, solution adoptée depuis pour tous les autres aéroglisseurs.

« Naviplane » : pour les emplois maritimes, deux « Naviplane N 300 » ont effectués des services réguliers pour le passage des personnes et des voitures, l’un sur la Méditerranée (Nice), l’autre sur l’estuaire de la Gironde.
Deux « N500 » ont été commandé, l’un par la SNCF, l’autre par le Conseil Général de la Gironde et deux options ont été prises par la Compagnie Générale Transatlantique.
Un aéroglisseur de 1000 tonnes a également été étudié. En collaboration avec MM Guienne, Berthelot et Marchetti.

« Aérotrain » : véhicule guidé à coussins d’air pour le transport au sol à haute vitesse (200 à 400 km/h) 1962.

L’ « Aérotrain interurbain I.80 » : a été muni d’un réacteur et a dépassé 430 km/h le 5 mars 1974 sur sa voie de Chevilly.

L’ « Aérotrain Suburbain » : silencieux, propulsé par moteur électrique linéaire à induction ou par roues pressées, est particulièrement adapté aux liaisons dans les zones fortement urbanisées et notamment à la desserte des aéroports. Les essais et démonstrations du véhicule S.44 équipé d’un moteur linéaire pour des vitesses de 200 km/h se sont déroulés à Gometz-la-Ville d’août 1969 à fin de 1972.

Le « Tridim »
 : Aérotrain à coussins d’air et crémaillère, pouvant se mouvoir avec facilité dans chacune des trois dimensions, destiné au transport en zone urbaine pour des distances entre stations allant de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres. Les essais et démonstration d’un véhicule prototype se sont déroulés de mai 1973 à juillet 1974 au Centre d’Essais de l’Electricité de France aux Renardières.

L’ « Aérotrain Rohr » : a été construit à Chula Vista (Californie) par la firme américaine Rohr Industries Inc grâce à un accord de licence conclu entre elle et la Société de l’Aérotrain en décembre 1969.
Cet Aérotrain à coussins d’air, équipé d’un moteur linéaire a ensuite été transporté sur le site d’essais de Pueblo (Colorado). Il y a atteint la vitesse contractuelle de 144 mph (230 km/h).

« Voiture électrique » : véhicule urbain, à vitesse limitée – 80 km/h environ – et d’une autonomie de 120 km (non stop), plusieurs modèles ont existé.
En collaboration avec MM. Berthelot, Mordchelles-Régnier et l’Electricité de France.

Concept d’un « Avion de travail » : avion robuste, utilisant des moteurs automobiles, de réalisation bon marché, de vitesse modérée – 150 km/h environ – destiné au transport sur distances relativement courtes (300 à 400 km) pour la mise en valeur des pays neufs.

Concept d’un « avion de transport lourd » : destiné au fret aérien, de gros tonnage (1000 ou 1400 tonnes), volant relativement bas, à vitesse modérée avec atterrissage sur coussins d’air.

B.D.
Source : dossiers de presse Rétromobile et de la Société des Amis de Jean Bertin.

BackMain page